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Delyo's blog

PPPublishing Machines restitution

— published on 04·06·26

Revenu de la rencontre PPP récente et reposé, je me lance dans un retour d'expérience de ces deux jours remplis de réflexion.

À titre personnel

Premièrement, je tiens à remercier celleux qui ont pris l'initiative de participer. Merci aussi à Julien et Corentin qui ont endossé (de ce que j'ai compris) l'organisation de l'évènement.

J'y ai rencontré des têtes que je ne connaissais que de nom auparavant, ce qui me fait bien plaisir, merci à vous de m'avoir supporté. J'en reviens motivé, déjà lancé dans quelques projets, dont certains que je priorise davantage sur mes projets personnels.

J'en reviens aussi convaincu plus qu'avant que c'est bien la communauté PrePostPrint et son esprit de coopération et d'échanges qu'il faut chérir, bien plus que tout outil ouvert, subversif, ou fait main qu'on crée.

Ce qui s'est passé

À cause de sa localisation, cette édition de PrePostPrint comptait moins de personnes que ma première expérience à Paris. Pas tout le monde peut s'offrir de gros trajets en train, que ce soit par cause du temps de trajet ou de son coût. On était donc une douzaine à se rencontrer. La parité de genre aussi n'était vraiment pas au top, mais je blâme de nouveau davantage la localisation de la rencontre qu'autre chose. D'un autre côté, ce petit nombre de personnes nous a donné l'opportunité de nous concentrer sur des discussions en intimiste constantes, autant portant sur le futur du groupe informel qu'est PPP que sur les enjeux de nos pratiques.

Étant donné que tout cela s'organisait dans le cadre de la Biennale de design graphique - Aperçu, la salle qui nous était dédiée a ponctuellement été utilisée pour un cycle de présentations qui ne concernait pas PPP. Le week-end est donc passé extêmement vite, cela nous a donné moins de temps pour faire des présentations ou pour travailler ensemble sur nos pratiques, même en petit comité.

Point humour: à la mi-temps de ce cycle de présentations sur le motion design, une présentation d'outils gratuits (c-à-d. non pas libres) nous a fait réaliser à quel point nos pratiques sont différentes de celles du milieu motion. J'illustre, on écrit nos outils à la main, branchant scripts et programmes ensemble parfois à l'aveuglette, tatonnant dans le noir de l'invité de commande et essayant, les béchers et erlenmeyers numériques que sont nos ordinateurs (pour la plupart «faibles» et reconditionnés) nous explosant à la figure, jusqu'à ce qu'on sorte quelque chose de fiable, pour lequel on finit par avoir de l'affect tellement nos empreintes digitales ont couvert les claviers. Nous parler d'outils «gratuits» qui viennent de sortir, aux boutons animés et manettes rondess et brillants d'un bleu-mauve intelligenc'artificiellesque, proclamant tous être le dernier outil dont tu auras besoin, cela a le mérite de ne pas du tout nous donner confiance.

On a eu le plaisir de se présenter quelques expériences (pour ne pas forcément dire outils), dont l'interface nodale NUI-Magick, la machine à zine Zinzine de Julien Bidoret, une édition de Corentin Brulé proclamant une défense des caractères Fraktur contre leur appropriation par les neo-nazis, un zine web-to-print intégrant randomness et l'illustration d'un supernova par un des membres du collectif Composite 310, un environnement pour jouer avec le web-to-print et apprendre le CSS par Julie Blanc, et encore d'autres (excusez ma mémoire).

Mais on a surtout réfléchi à l'importance de donner un positionnement et une situation à nos productions, et aux manières de les activer.

Thèmes abordés

En honneur de sujet de débat, réflexion, discussion et encore d'autres mots qui me feront passer pour un wannabe-intellectuel, était évidemment «l'Outil» (majuscule, comme Église). Nous fabriquons des outils, et ces outils que nous ne fabriquons pas nous-même, nous branchons et déformons à notre guise. Lors de sa présentation, Lucile Haute a bien mentionné comme raison pour ce faire la volonté de s'extirper des logiques productivistes, fructifiéristes du marché et des tendances dans les outils du design. Mais l'outil numérique n'est qu'un (et qu'un seul) moyen de production. D'autant plus s'il est «libre» donc modifiable par quiconque, il se retrouve dans cet interstice qui le rend à la fois subversif par la volonté qu'on lui a prêté à être réemployé, mais aussi appropriable par ces mêmes malheureux acteurs des logiques auxquelles on tente d'échapper.

Ainsi l'Outil n'est jamais à considérer sans son contexte d'utilisation, et d'autant moins sans son contexte de diffusion. Le «bon usage» viendrait alors non pas de l'outil mais de la dynamique de groupe dans laquelle il se déploiera, l'échange de confiance qui le facilitera, et les fins qu'il facilitera à son tour.

TL;DR: Après le Libre et Les outils ne nous libèreront pas, mais avec l'ajout par dessus de se motiver à penser au sein de PPP à comment mettre en place ces pratiques collectives plus concrètement qu'avec un serveur Matrix et des discussions par le Fédivers.

Et donc..?

Et donc la question est venue de développer des idées pour faciliter l'accès aux futures rencontres, par exemple en mutualisant les sous nécessaires au trajet de chacun·e, ou de trouver un moyen de coupler une rencontre à un atelier-résidence, en quête de fonds.

Et donc l'idée aussi est venue de réfléchir à un futur moment plus long, durant une semaine plus ou moins, pendant laquelle nous pourrions nous réunir sans machines, ou sans internet, ou sans autre chose, pour donner notre attention aux questions philosophiques qui encadrent nos multiples pratiques. Ces questions sont là, sont souvent posées par des articles comme celui-ci, des publications sur le Fédivers, ou des messages dans l'espace Matrix, mais l'énergie dédiée se dissipe souvent plus tôt que les réponses n'y viennent. Cette semaine, de préférence entourée de nature, nous permettrait de renforcer le positionnement et la cohésion de groupe de PPP. Un team-building sans la startup, en quelque sorte. PrePostPersonnel.

Une autre idée est venue d'ouvrir PrePostPrint à celleux sans compte Matrix, en créant cette fois-ci un aggrégateur en ligne qui liste les discussions sur le Fédivers avec le label #PrePostPrint, et de travailler en groupe sur des outils plutôt que dans son coin.

J'ai sûrement oublié des éléments, n'hésitez sourtout pas à me rappeler lesquels.

Quelques acronymes pour finir:

Written by a human, not by AI

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